samedi 30 novembre 2013

TomTom vs Here : le match du mobile mapping

Par un heureux hasard, les deux ténors de la cartographie, Here (ex Navteq, qui est une filiale de Nokia) et TomTom (qui a racheté Tele Atlas) organisaient le même jour sur Paris une conférence de presse, cette semaine. Et dans les deux cas, ces acteurs exposaient un exemplaire du véhicule spécialement instrumenté avec lequel ils affinent leurs bases de données pour les GPS. Des autos high tech que j’ai pu approcher et dont je vais vous expliquer le fonctionnement.


A ne pas confondre avec les voitures de Google, qui sillonnent les rues pour les besoins de l’application Street View, les autos utilisées par TomTom et Here sont là pour vérifier la géométrie des routes, ainsi que la limitation de vitesse et la signalisation. Leur équipement diffère d’une marque à l’autre.


Commençons par le TomTom Van (qui en interne s’appelle le MOMA Van pour Mobile Mapping). Sur la base d’un Skoda Yéti (auparavant, c’était un VW Caddy), un certain nombre d’équipements ont été ajoutés : un odomètre, une centrale d’inertie, un GPS différentiel, 5 scanners laser, deux caméras à l’avant de chaque côté et une caméra 360 montée sur un mat télescopique. Ce matériel, qui coûte environ 100 000 euros, permet de faire de la détection automatique de panneaux et de construire aussi des bases en 3D avec une précision de l’ordre du mètre.


Voici le boîtier qui traite les données. Toutes les données sont stockées dans une ferme de données basée à Amsterdam. L’unité est le pétaoctet, qui représente l’équivalent de 1000 téraoctets (un téraoctet représentant déjà 1000 gigaoctets). La base de données est accessible en ligne par les équipes de TomTom pour faire les mises à jour dans chaque pays.


Et ça, c’est la console centrale. Cet ordinateur permet de s’assurer du bon fonctionnement des capteurs.


J’ai appris que TomTom avait 15 véhicules de ce type pour l’Europe, sachant qu’il y en a aussi pour l’Amérique, le Brésil et l’Asie. Le choix du véhicule haut sur pattes et de type un peu SUV a été motivé par les routes moins confortables de certaines contrées, comme par exemple la Russie.
Voir l'album photo du TomTom van : http://s.joomeo.com/52979d94422cd


Si TomTom a été un pionnier dans l’utilisation de la vidéo, Navteq (qui s’appelle aujourd’hui Here) n’a pas tardé à le suivre.  Il dispose même d'un parc de 300 véhicules Here True équipés dans le monde. Le choix technique n’est pas tout à fait le même.


Le télémètre laser que l’on voit ici (de marque Velodyne) est similaire à celui que l’on trouve sur la Google Car. Ce lidar 3D permet de capturer 1,3 million de données numériques chaque seconde.

Voir la vidéo :

 

Les véhicules de Here ont aussi des capteurs de position ainsi que des caméras et des appareils photos panoramiques. Les images en mode 360 sont fusionnées avec les mesures laser pour recréer un environnement aussi réaliste que possible.


Here affirme collecter en un jour 12 millions de panneaux indicateurs, 2 millions d’images panoramiques, un trillion de données Lidar et 65 millions de pixels en couleurs.


Pour l’anecdote, je suis monté à bord de la voiture de Here. Il se trouve que je connais pas mal de monde chez eux et ils ont bien voulu me déposer à une bouche de métro. A bord, il n’y avait d’ailleurs pas grand-chose à voir car l’habitacle est celui d’un monospace. Mais, ce n’est pas tous les jours qu’on prend place à bord d’un véhicule de cette valeur et qui joue un rôle si précieux dans la mise à jour des cartes numériques.

Voir le diaporama Here mobile mapping : http://s.joomeo.com/52979bad161f5